La Roseraie de Rosheim

La Roseraie de Rosheim

samedi 3 mars 2012

En verre... et contre tous !


La Société industrielle Würth est le leader mondial des éléments de fixation. Son effectif de 66.000 personnes et son chiffre d'affaires de 9,7 milliards d'€ ne l'empêchent pas de placer l'art et la culture au plus haut niveau.

Ainsi, dans son usine alsacienne d'Erstein qui compte près de 700 employés, un musée d'art contemporain a vu le jour en 2008 dans le cadre d'un site industriel à l'architecture très moderne. Du 15 octobre 2011 au 4 mars 2012, le musée a abrité une exposition consacrée à la matière "verre", rassemblant des œuvres récentes d'artistes aussi divers que Vladimir Zbynovsky, Anaïs Dunn, Josepha Gash-Muche, Tony Oursler, Václav Cigler, Harvey Littleton et Aleš Vašiček. Je ne cite ici que les artistes des œuvres qui ont inspiré l'album qui va suivre. Il y avait en plus nombres d'œuvres originales et bien attrayantes mais dont la représentation photographique ne me paraissait pas correspondre à mon ambition. Les écoles vivantes d'Europe Centrale côtoyaient ainsi les écoles pionnières d'Amérique du Nord des années 60.

Oui, je me doute bien à présent que vous commencez à me connaître. Non, je ne vous présenterai pas un catalogue de photographies des œuvres telles que tous les visiteurs ont pu les contempler. Oui, j'ai laissé vagabonder mon imagination en les transposant selon mon imaginaire dans des domaines colorés aux textures parfois surprenantes, et il se peut que vous soyez quelque peu choqués des libertés que j'ai prises. Mais que voulez-vous: l'objectif du photographe n'est pas toujours objectif ! Et l'artiste laisse libre cours à l'imagination du spectateur. Sans quoi, l'art ne serait qu'un artéfact sans lendemain.


Diplômée de l'Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg, Anaïs Dunn nous livre ici ses bulles soufflées dont certaines laissent couler un liquide noir qui se veut le reflet d'une pollution industrielle, c'est du moins mon ressenti !



La lumière se tamise entre les tessons de verre










Josepha Gash-Muche (née en 1944) réalise des incrustations de verre sur support bois. L'oeuvre représentée ici date de 2003. Il faut imaginer qu'elle implante de fins tessons sous un angle différent selon la "face" virtuelle du cube, ce qui donne l'impression de volume. J'ai voulu décliner son ouvrage comme ceci:



Avec des variantes colorisées: 









Ou comme cela:




On aurait pu qualifier l'oeuvre de Tony d'expressionniste au sens littéral du terme:


 



Tony Oursler (né en 1971) a crée une vidéo-projection sur fibre de verre assez déconcertante. Chaque personnage exprime par des onomatopées ou des ricanements des sentiments confinant au nihilisme de Cioran.





Václav Cigler (né en 1929) a signé en 2009 cet oeuf de verre sur surface métallique dont les reflets ne cessent de s'animer quel que soit l'angle sous lequel on l'admire.




Et puis l'art verrier contemporain s'est inspiré des origines de l'école américaine des années 60. Harvey Littleton est né en 1922 dans un lieu prédestiné: Corning, quartier de New York abritant l'un des premiers groupes industriels du verre technique où son père dirige le Département Recherche et Développement et invente le verre de marque "Pyrex". Il étudie la physique mais est très vite rattrapé par la créativité artistique. Pédagogue hors pair, il est considéré comme le fondateur de l'école américaine de l'art verrier.





 

Enfin, Aleš Vašiček est né en 1947 à Ostrava (CZ) et nous livre ses oeuvres mystérieuses dans lesquelles des éclats sont autant de blessures suggestives.







J'espère que cette visite vous aura plu. Chaque fois que l'oeil peut se poser sur une oeuvre d'art, quelle qu'en soit la nature, s'éveille un chant d'amour pour la vie, une émotion sans cesse renouvelée. Nous avons cette faculté de pouvoir contempler, imaginer, traduire par l'imagination du réel et du rêve. Profitons-en, ne nous en lassons jamais.


D'autres de par le monde n'ont pas cette faculté. Ils ne peuvent même pas penser un instant qu'il y a autre chose à faire que lutter pour sa survie. Pensez à ceux-là. Au Sahel, un million d'enfants connaissent une nouvelle crise alimentaire dans cette zone géographique ayant déjà tant souffert.


http://www.unicef.fr/contenu/actualite-humanitaire-unicef/sahel-la-crise-ne-menace-pas-elle-deja-commence-2012-02-16


Pentax K5 objectif Tamron SP DI AF90mm macro 1:1 Lightroom 2.7 Accessoirement Samsung EX1 F 1.8

samedi 11 février 2012

Faites vibrer la glace !

Il fait froid. Il fait très froid. Je pense avant toutes choses à celles et à ceux qui ce soir, pas plus que demain ou plus tard, ne trouveront de lit pour dormir, un peu de chaleur. Depuis maintenant une semaine la température est restée obstinément sous zéro, descendant parfois jusqu'à - 15°C. C'est rare, mais cela reste naturel. C'est la nature. Pour une fois on ne peut incriminer la malfaisance humaine, les dérèglements atmosphériques. Un tel froid se produit de loin en loin, nous n'y pouvons rien. Le seul problème, c'est que l'on ne s'y prépare que rarement; le froid est là, mais on veut conserver son confort, on chauffe tant et plus jusqu'à épuisement des ressources énergétiques. Je suis sûr que même les anti-nucléaires se chauffent autant que les autres !

Le corollaire de cela, c'est un soleil rarement dissimulé par la brume, une lumière particulière qui traverse un air pétrifié, qui illumine les choses "autrement".

Alors nous nous sommes bien habillés, et n'avons pas renoncé à notre promenade sur les chemins qui sillonnent entre les vignes, nos voisines. Et nos chaussures faisaient parfois crisser le peu de neige qui restait sur le sol. Le froid était si intense que nous ne pouvions guère parler. En avançant, nous croisions quelques anciennes flaques d'eau, elles aussi pétrifiées. Ah ! vous commencez à me connaître ! vous savez que je sors rarement sans mon Samsung EX1 F1.8 dans ma poche. Alors je me suis penché sur ces flaques, et voici le résultat: je vais vous en faire voir de toutes les couleurs !


Commençons par celle-ci: j'y vois la tête aimante et bienveillante d'un bon chien. Mais je vous l'assure, il n'y a ici que de la terre et de la glace.

Ici, et pour toutes les images qui vont suivre, je n'ai fait qu'accentuer le contraste, recadrer et ajouter des teintes à l'aide du logiciel Lightroom 2.7. J'ai aussi utilisé MS Publisher 2007 pour regrouper les photographies multiples.









Oui, le même motif répété, décliné, seule la couleur varie. Mais la couleur ! n'est-elle pas au plus profond le sens même de la vision ? Voyez-vous toujours la même image, ou bien votre imagination ne vous entraîne-t-elle pas dans un "ailleurs" ?












L'abstraction, on aime, passionnément souvent, ou on n'aime pas: là on dit: "je ne comprends pas". C'est çà l'erreur ! A mon sens l'abstraction ne demande aucune compréhension, aucune connaissance, aucune histoire. Bien sûr, je ne parle pas des historiens de l'art, c'est leur passion, leur métier. Ils vous en parleront tellement mieux que moi. Pour contempler l'abstraction, il faut retrouver ses yeux d'enfant, un grand regard profondément interrogateur, ce regard qui exprime: "pourquoi". Alors la réponse est: "parce que c'est beau". Et cette abstraction n'est pas seulement le fait de l'esprit créatif de l'humain, la nature en est aussi capable. Il suffit de savoir la regarder.







Non, vous vous êtes trompés: ce ne sont pas des radiographies de mes poumons trop usés, ni des vues de Google Earth sur des bases secrètes coréennes du Nord ! C'est de l'eau, tout simplement, figée par le froid et simplement colorée.





Maintenant, quelques assemblages douteux (c'est moi qui doute !) mais pourquoi pas ?













Cette dernière (pour ce soir), je l'appelle la tête du diable sous toutes ses couleurs. Mais est-ce le diable en personne ? j'en doute maintenant. Il a l'air bourru, mais sortez de chez vous, allez au marché de votre village ou de votre quartier si vous êtes citadins: vous en trouverez de pleines corbeilles, de ces aimables personnages qui ne se sentent virils qu'en faisant la grimace et fronçant les sourcils. Bon, pour tout vous dire, ici il ne s'agit que d'une pierre taillée strictement par le vent, sans aucune action humaine. Il fallait seulement la saisir au bon moment afin que l'ombre lui donne tout son relief. Ah ! ces yeux !



Merci d'avoir eu la patience ou la curiosité d'aller jusqu'au bout de ces élucubrations.


Mais n'oubliez pas: si l'image peut susciter quelques émotions, il y en a aussi de si terribles, celles d'enfants vivant ou plutôt survivant dans des conditions de vie inacceptables. L'UNICEF aide ces enfants. Vous pouvez aider l'UNICEF selon vos idées, selon vos moyens.

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