La Roseraie de Rosheim

La Roseraie de Rosheim

samedi 11 février 2012

Faites vibrer la glace !

Il fait froid. Il fait très froid. Je pense avant toutes choses à celles et à ceux qui ce soir, pas plus que demain ou plus tard, ne trouveront de lit pour dormir, un peu de chaleur. Depuis maintenant une semaine la température est restée obstinément sous zéro, descendant parfois jusqu'à - 15°C. C'est rare, mais cela reste naturel. C'est la nature. Pour une fois on ne peut incriminer la malfaisance humaine, les dérèglements atmosphériques. Un tel froid se produit de loin en loin, nous n'y pouvons rien. Le seul problème, c'est que l'on ne s'y prépare que rarement; le froid est là, mais on veut conserver son confort, on chauffe tant et plus jusqu'à épuisement des ressources énergétiques. Je suis sûr que même les anti-nucléaires se chauffent autant que les autres !

Le corollaire de cela, c'est un soleil rarement dissimulé par la brume, une lumière particulière qui traverse un air pétrifié, qui illumine les choses "autrement".

Alors nous nous sommes bien habillés, et n'avons pas renoncé à notre promenade sur les chemins qui sillonnent entre les vignes, nos voisines. Et nos chaussures faisaient parfois crisser le peu de neige qui restait sur le sol. Le froid était si intense que nous ne pouvions guère parler. En avançant, nous croisions quelques anciennes flaques d'eau, elles aussi pétrifiées. Ah ! vous commencez à me connaître ! vous savez que je sors rarement sans mon Samsung EX1 F1.8 dans ma poche. Alors je me suis penché sur ces flaques, et voici le résultat: je vais vous en faire voir de toutes les couleurs !


Commençons par celle-ci: j'y vois la tête aimante et bienveillante d'un bon chien. Mais je vous l'assure, il n'y a ici que de la terre et de la glace.

Ici, et pour toutes les images qui vont suivre, je n'ai fait qu'accentuer le contraste, recadrer et ajouter des teintes à l'aide du logiciel Lightroom 2.7. J'ai aussi utilisé MS Publisher 2007 pour regrouper les photographies multiples.









Oui, le même motif répété, décliné, seule la couleur varie. Mais la couleur ! n'est-elle pas au plus profond le sens même de la vision ? Voyez-vous toujours la même image, ou bien votre imagination ne vous entraîne-t-elle pas dans un "ailleurs" ?












L'abstraction, on aime, passionnément souvent, ou on n'aime pas: là on dit: "je ne comprends pas". C'est çà l'erreur ! A mon sens l'abstraction ne demande aucune compréhension, aucune connaissance, aucune histoire. Bien sûr, je ne parle pas des historiens de l'art, c'est leur passion, leur métier. Ils vous en parleront tellement mieux que moi. Pour contempler l'abstraction, il faut retrouver ses yeux d'enfant, un grand regard profondément interrogateur, ce regard qui exprime: "pourquoi". Alors la réponse est: "parce que c'est beau". Et cette abstraction n'est pas seulement le fait de l'esprit créatif de l'humain, la nature en est aussi capable. Il suffit de savoir la regarder.







Non, vous vous êtes trompés: ce ne sont pas des radiographies de mes poumons trop usés, ni des vues de Google Earth sur des bases secrètes coréennes du Nord ! C'est de l'eau, tout simplement, figée par le froid et simplement colorée.





Maintenant, quelques assemblages douteux (c'est moi qui doute !) mais pourquoi pas ?













Cette dernière (pour ce soir), je l'appelle la tête du diable sous toutes ses couleurs. Mais est-ce le diable en personne ? j'en doute maintenant. Il a l'air bourru, mais sortez de chez vous, allez au marché de votre village ou de votre quartier si vous êtes citadins: vous en trouverez de pleines corbeilles, de ces aimables personnages qui ne se sentent virils qu'en faisant la grimace et fronçant les sourcils. Bon, pour tout vous dire, ici il ne s'agit que d'une pierre taillée strictement par le vent, sans aucune action humaine. Il fallait seulement la saisir au bon moment afin que l'ombre lui donne tout son relief. Ah ! ces yeux !



Merci d'avoir eu la patience ou la curiosité d'aller jusqu'au bout de ces élucubrations.


Mais n'oubliez pas: si l'image peut susciter quelques émotions, il y en a aussi de si terribles, celles d'enfants vivant ou plutôt survivant dans des conditions de vie inacceptables. L'UNICEF aide ces enfants. Vous pouvez aider l'UNICEF selon vos idées, selon vos moyens.

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samedi 14 janvier 2012

Rosenwiller en Alsace: le cimetière juif



Le village de Rosenwiller, rattaché au canton de Rosheim et situé à une vingtaine de kilomètres au sud de Strasbourg, abrite depuis le XIVème siècle l’un des plus importants cimetières israélites de la région, alors que curieusement, aucune famille juive n’a été recensée dans ce village au cours des siècles derniers, hormis les gardiens du cimetière. Mais les tombes abritent plus de 6000 défunts  venant d’une centaine de localités environnantes, ainsi que d’autres origines telles que l’Ile de France, Marseille, Lille, Genève et même Varsovie; la plus grande communauté, Rosheim, compte à elle seule environ 665 tombes recensées. S’étendant sur 4 ha, la partie ancienne du cimetière laissée en friches durant des décennies a été entièrement débroussaillée en 2001 suite à l’initiative de la communauté israélite et avec l'aide du Maire de Rosenwiller aidé d’un ami et d’une équipe de scouts, ce qui a permis de remettre à jour des pierres tombales cachées depuis des générations. 











Dans la tradition juive, les tombes ne sont pas fleuries. On dépose une pierre et avec le temps se forme un cairn, un amas qui plus tard sera remplacé par une pierre tombale monolithique (le matzevoth).

La tradition ashkénaze exige que la pierre soit placée verticalement, alors que les sépharades la placent horizontalement. Le nom du défunt ainsi que celui de sa mère sont gravés sur la pierre, ainsi que, souvent, la mention « que son âme soit reliée au faisceau de la vie ». La pierre peut être décorée d’étoiles de David ou de deux mains jointes appelant à la prière. 













































Les saisons n'ont pas d'impact sur le statut des défunts, le temps n'est peut-être plus le même pour eux, mais pour nous qui leur rendons hommage, le temps passe et les saisons varient. Sous la neige et les frimas d'un mois de février glacial, le cimetière prend une allure tragique d'une autre dimension















Mais le cimetière de Rosenwiller comporte une particularité qu’aucun autre cimetière juif d’Alsace ne possède. On la retrouve au cimetière San Nicolo de Lido à Venise, ainsi qu’au cimetière de Bordeaux : un soleil ou sa représentation graphique sous forme d’un svastika dextrogyre ou sénestrogyre est gravé au sommet de certaines stèles. Selon l’historien Robert Weyl, le soleil gravé représente la lumière du monde futur, lumière promise aux Justes, accompagnée par la guérison, le rétablissement dans leur intégrité physique et mentale. Il puise cette interprétation dans le Midrash : « L’éclat du soleil pour les Justes dans le monde futur » (Mekhil Mishpatim, 13).












Les Juifs ashkénazes ne se rendent au cimetière qu’une fois l’an. Dans la tradition sépharade, on peut se rendre au cimetière les vendredis et les veilles de fêtes telles que Roch Hodech, Roch Hachana et Yom Kippour. En entrant dans le cimetière, si la dernière visite date de plus de trente jours, on doit réciter la prière au champ du repos : « Soit loué l’Eternel notre Dieu, roi de l’Univers, Lui qui vous a crées par sa justice, vous a nourris et entretenus par sa justice, vous a fait mourir par sa justice, qui dans sa justice connaît votre nombre et qui un jour vous fera ressusciter par sa justice. Soit loué l’Eternel qui ressuscite les morts ».









La plus grande figure du judaïsme alsacien du début du XVIème siècle fut incontestablement Joseph Josselmann ben Gershon, né probablement à Haguenau en 1478 et établi à Rosheim de 1514 jusqu’à sa mort. Il fut le grand défenseur des Juifs de toute l’Europe auprès des empereurs Maximilien et Charles Quint. Il mourut en 1554 mais on ne peut repérer sa tombe car à l’époque aucune stèle en pierre n’existait.


Le cimetière juif de Rosenwiller reçoit aujourd'hui encore les dépouilles de familles pieuses qui veulent retrouver leurs ancêtres; les noms ont été volontairement effacés sur la  photographie.



Sources :


La représentation de Rabbi Joseph Josselmann est une partie de fresque figurant à l'Office du tourisme de Rosheim. 
Autres photographies prises avec mon Samsung EX1 F1.8 obj. Schneider Kreuznach Varioplan; traitement Adobe Photoshop Ligthroom 2.7


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